{"id":6273,"date":"2026-08-14T01:23:20","date_gmt":"2026-08-13T23:23:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.parallels.it\/?p=6273"},"modified":"2026-08-17T11:01:41","modified_gmt":"2026-08-17T09:01:41","slug":"caro-guccini","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.parallels.it\/fr\/caro-guccini\/","title":{"rendered":"Cher Guccini,"},"content":{"rendered":"<p class=\"font-claude-response-body break-words whitespace-normal\" dir=\"ltr\">L'id\u00e9e te semblait bien \u00ab incertaine \u00bb, mais cela ne t'avait pas emp\u00each\u00e9 de l'imaginer. Apr\u00e8s la mort, tu avais esp\u00e9r\u00e9 trouver \u00ab un paradis sur mesure, ressemblant en tout point \u00e0 ton bar habituel \u00bb, o\u00f9 cependant \u00ab on ne paie pas sa boisson et \u00e7a ne fait pas de mal \u00bb. Bref, l\u00e0-haut au ciel, tu esp\u00e9rais que parmi les \u00ab saints tristes \u00bb et la \u00ab foule des emmerdeurs \u00bb, Dieu pr\u00e9f\u00e9rerait justement tes amis, \u00ab les vrais \u00bb, comme tu les appelais, bien \u00ab plus dr\u00f4les \u00bb.<\/p>\n<p class=\"font-claude-response-body break-words whitespace-normal\" dir=\"ltr\">C'\u00e9tait en 1983 que les paroles de cette chanson ont vu le jour : la mort n'\u00e9tait m\u00eame pas \u00e0 l'horizon, \u00e0 l'\u00e9poque, et tu en plaisantais m\u00eame. Ces derniers temps, tu imaginais peut-\u00eatre quelque chose de diff\u00e9rent pour ce que tu deviendrais apr\u00e8s ton passage sur cette terre : tu n\u2019avais certainement plus envie de te retrouver \u00e0 chanter dans une auberge \u00e0 la campagne. Tu ne voulais plus entendre parler de musique depuis longtemps : tu pr\u00e9f\u00e9rais te d\u00e9finir comme \u00e9crivain plut\u00f4t que comme chanteur. Et pourtant, tes chansons ont r\u00e9sonn\u00e9 sans discontinuer dans la via Paolo Fabbri, d\u00e8s que la nouvelle de ta mort s\u2019est r\u00e9pandue.<\/p>\n<p class=\"font-claude-response-body break-words whitespace-normal\" dir=\"ltr\">Ceux qui t\u2019ont \u00e9cout\u00e9 et suivi toute leur vie n\u2019ont pas perdu de temps : ils se sont rassembl\u00e9s devant ta maison historique de Bologne, ont pris leurs guitares, ont chant\u00e9 tes chansons et ont d\u00e9bouch\u00e9 des bouteilles de vin comme s\u2019il n\u2019y avait pas de lendemain. Ils sont venus te rendre hommage, te remercier de leur avoir offert des chansons et des \u00e9motions, des histoires intemporelles qui, encore aujourd\u2019hui, quand on les chante, donnent des frissons : on les revit, on les ressent comme les siennes, on retrouve ce qu\u2019on \u00e9tait quand on les chantait. Pour certains, cela a \u00e9t\u00e9 comme perdre une partie d\u2019eux-m\u00eames, comme mettre un point final \u00e0 une \u00e9tape de leur vie, \u00e0 des mots, des histoires, des amours, des passions, des enthousiasmes qui, quand on les chantait, nous enflammaient encore, quel que soit notre \u00e2ge : elles avaient le pouvoir magique de te ramener en arri\u00e8re, \u00e0 l\u2019instant pr\u00e9cis o\u00f9 tu les avais comprises et faites tiennes pour la premi\u00e8re fois, et o\u00f9 tu n\u2019avais plus cess\u00e9 de les chanter, car \u00e0 chaque fois, c\u2019\u00e9tait comme les revivre de plus belle, exactement de la m\u00eame mani\u00e8re. Comme si le temps, les saisons, les changements n\u2019avaient laiss\u00e9 aucune trace.<\/p>\n<p class=\"font-claude-response-body break-words whitespace-normal\" dir=\"ltr\">Tu avais ce pouvoir, tant dans tes chansons les plus autobiographiques que dans celles d\u2019inspiration litt\u00e9raire. Tu visais juste, tu allais droit au but, au c\u0153ur du roman que tu mettais en musique ; tu construisais les personnages et tu nous les rendais avec leurs doutes, leurs incertitudes, leurs r\u00eaves, leurs id\u00e9aux. Tu les fa\u00e7onnais sur mesure et, d\u2019un simple geste, tu parvenais \u00e0 les rendre actuels, \u00e0 les ancrer dans l\u2019\u00e9poque que nous traversions. Ainsi, leur vie et leurs sentiments devenaient pr\u00e9sents : tu l\u2019as fait avec Madame Bovary, avec Cyrano, tu l\u2019as refait avec Don Quichotte.<\/p>\n<p class=\"font-claude-response-body break-words whitespace-normal\" dir=\"ltr\">Tu le faisais aussi magistralement avec tes aventures, dans tes chansons les plus autobiographiques. Tu construisais l\u2019histoire et tu nous laissais le temps de la suivre, de la voir grandir, se transformer, se teinter de nostalgie et de m\u00e9lancolie, pour ensuite reprendre notre souffle, vers la fin, avec un espoir de renaissance qui ne s\u2019\u00e9teignait jamais. Et nous, toujours l\u00e0, \u00e0 les vivre, \u00e0 les faire n\u00f4tres, jusqu\u2019au plus profond de nous-m\u00eames.<\/p>\n<p class=\"font-claude-response-body break-words whitespace-normal\" dir=\"ltr\">Tu nous as quitt\u00e9s, Guccini. Avec toi s'en vont les meilleures ann\u00e9es, les souvenirs, les \u00e9motions, les changements.<\/p>\n<p class=\"font-claude-response-body break-words whitespace-normal\" dir=\"ltr\">En l\u2019an 2026 de notre vie, \u00e0 toi, \u00ab bouffon insignifiant mais indign\u00e9 \u00bb, nous d\u00e9dions \u00ab ces quelques mots, en esp\u00e9rant que tu ne les prennes pas pour un jeu \u00bb et que tu ne les renies pas, car ils parlent de ta musique d\u2019autrefois.<\/p>\n<p class=\"font-claude-response-body break-words whitespace-normal\" dir=\"ltr\">Merci, Francesco.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>l&#8217;idea ti sembrava assai &#8220;incerta&#8221;, ma questo non ti aveva impedito di immaginarla. Dopo la morte ti eri augurato di trovare &#8220;un paradiso su misura, in tutto somigliante al solito locale&#8221;, dove per\u00f2 &#8220;il bere non si paga e non fa male&#8221;. 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