{"id":1,"date":"2025-09-02T15:15:25","date_gmt":"2025-09-02T13:15:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.parallels.it\/?p=1"},"modified":"2025-11-07T17:09:30","modified_gmt":"2025-11-07T16:09:30","slug":"io-prof-precario","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.parallels.it\/fr\/io-prof-precario\/","title":{"rendered":"Moi, prof pr\u00e9caire\u2026"},"content":{"rendered":"<div class=\"entry-content wp-block-post-content has-global-padding is-layout-constrained wp-block-post-content-is-layout-constrained\">\n<div class=\"story__text\">\n<p class=\"translation-block\"><b>BOLOGNE \u2013 <\/b>Voici les bottes : amphibies, camperos, chaussettes, \u00e0 franges, Ugg, Chelsea, \u00e0 bout pointu, country, en caoutchouc. Mais aussi les sandales : tongs, \u00e0 talons compens\u00e9s, \u00e0 lani\u00e8res, mules, capresi, zatteroni, bijoux. Et puis les mocassins, les chaussures de soir\u00e9e, les baskets. <strong>Ivano Gorzanelli <\/strong>est vendeur ambulant de chaussures, m\u00e9tier dans lequel la classification des mod\u00e8les et des styles est d\u00e9j\u00e0 une aventure philosophique, mais il est \u00e9galement professeur contractuel d'esth\u00e9tique \u00e0 l'universit\u00e9 de Bologne, enseigne \u00e0 l'institut Toniolo de Mod\u00e8ne et a publi\u00e9 des essais dans des revues traitant, par exemple, de H\u00f6lderlin et Nietzsche.\n\nTraduit avec DeepL.com (version gratuite)<\/p>\n<p class=\"translation-block\">D'autre part, il dit que \u00ab commercer, comme parler, c'est faire des n\u0153uds et les d\u00e9faire sans cesse, puis recommencer \u00bb. Et montrer ses chaussures, discuter au march\u00e9, lui semble \u00eatre une fa\u00e7on de marcher avec les autres. Dans la liste des activit\u00e9s de Gorzanelli, il manque son dernier ouvrage, un essai sur <strong>Siegfried Kracauer<\/strong> (\u00ab <a href=\"https:\/\/www.parallels.it\/fr\/livre\/siegfrid-kracauer-per-una-decifrazione-estetica-della-citta-1925-1937\/\" target=\"\u00ab\" rel=\"noopener\">Per una decifrazione estetica della citt\u00e0<\/a> \u00bb, publi\u00e9 dans la collection mappaemundi), sociologue, philosophe et critique allemand qui, il y a un si\u00e8cle, racontait les ph\u00e9nom\u00e8nes culturels de la modernit\u00e9 \u2013 cin\u00e9ma, divertissement, publicit\u00e9, propagande \u2013 jusqu'\u00e0 la centralit\u00e9 envahissante, car c'est ainsi qu'elle apparaissait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l'\u00e9poque, des marchandises. \u00ab La fantasmagorie \u00bb, comme il l'\u00e9crivait dans ses essais.<\/p>\n<h2>\u00ab Je travaille sept jour sur sept, je crois dans la valeur de l'\u00e9ducations \u00bb<\/h2>\n<p>Gorzanelli, 50 ans, habite \u00e0 Savignano sul Panaro et, tout en se d\u00e9pla\u00e7ant avec son \u00e9tal de chaussures dans les march\u00e9s locaux de la r\u00e9gion de Mod\u00e8ne, de Spilamberto \u00e0 Cavezzo, il se rend \u00e9galement \u00e0 Bologne et \u00e0 Mod\u00e8ne pour enseigner. \u00ab Je suis \u00e9lectrotechnicien, mais je n'\u00e9tais pas fait pour fabriquer des circuits, car je suis du genre \u00e0 crier au miracle quand la lumi\u00e8re s'allume. Je me suis donc inscrit en philosophie, puis, comme mes parents avaient leur licence, j'ai continu\u00e9 leur travail, celui de \u00ab scarpolino \u00bb, comme on dit chez nous. Puis la vie m'a men\u00e9 ailleurs. Il y a quelques ann\u00e9es, j'ai eu l'opportunit\u00e9 de faire un deuxi\u00e8me doctorat et j'ai d\u00e9cid\u00e9 de tenter ma chance. C'est de l\u00e0 qu'est n\u00e9 le livre et l'enseignement des processus de communication, dans le cadre du cursus de design industriel au d\u00e9partement d'architecture. Avec les \u00e9tudiants, je m'occupe de s\u00e9miotique et de la construction du sens dans la dimension urbaine. Je travaille sept jours sur sept : je me r\u00e9veille souvent \u00e0 cinq heures et quart, mais cela en vaut la peine, car je crois en la valeur de l'\u00e9ducation, de l'enseignement.<\/p>\n<h2>\u00ab Au march\u00e9, diff\u00e9rentes humanit\u00e9s se m\u00e9langent \u00bb<\/h2>\n<p class=\"translation-block\">Entre-temps, il a lou\u00e9 la licence du march\u00e9 \u00e0 deux jeunes gens, passant ainsi de chef \u00e0 employ\u00e9, et organisant deux ou trois march\u00e9s par semaine. Mais il reste toujours \u00ab scarpolino \u00bb, comme il l'\u00e9crit \u00e9galement sur ses r\u00e9seaux sociaux. \u00ab Le livre analyse Kracauer, d\u00e9crit un parcours intellectuel, contribue \u00e0 la compr\u00e9hension de l'auteur et \u00e0 son travail de d\u00e9chiffrage esth\u00e9tique de la ville et de la m\u00e9tropole. Il \u00e9tait l'\u00e9l\u00e8ve de <strong>Georg Simmel<\/strong>, l'ami de <strong>Theodor Adorno<\/strong>, il connaissait ses coll\u00e8gues <strong>Walter Benjamin <\/strong>et <strong>Ernest Bloch<\/strong>. Il pensait en images et non de mani\u00e8re conceptuelle, c'\u00e9tait un fl\u00e2neur. Il traversait la ville, parcourait aussi les banlieues, sans faire l'apologie de la marginalit\u00e9, c'\u00e9tait un observateur lat\u00e9ral, avec un regard anthropologique. Un regard qui a \u00e9galement trait au march\u00e9, o\u00f9 se m\u00e9langent diff\u00e9rentes humanit\u00e9s \u00bb. Comme dans la phrase du philosophe cit\u00e9e dans son essai : \u00ab L'agriculteur comme l'ing\u00e9nieur savent quelque chose de l'importance des d\u00e9tails apparemment insignifiants... L'exp\u00e9rience leur apprend \u00e0 se m\u00e9fier des pr\u00e9tentions des id\u00e9es pures, tandis qu'ils trouvent dans les petites choses plus que des petites choses \u00bb.<\/p>\n<h2>\u00ab Au march\u00e9, m\u00eame la philosophie aide \u00bb<\/h2>\n<p>Ainsi, avec Kracauer, Gorzanelli se rend au march\u00e9 pour comprendre. \u00ab Les villes sont en train de se cloisonner. On assiste \u00e0 des processus de gentrification et d'isolement. Les march\u00e9s continuent de m\u00e9langer les gens, ce sont des lieux d'\u00e9change. Le march\u00e9 est un lieu de n\u00e9gociation, de confrontation, que nous avons tendance \u00e0 cacher aujourd'hui, mais aussi d'\u00e9coute, les gens parlent et racontent parce qu'ils se sentent plus prot\u00e9g\u00e9s dans un lieu anonyme. Je vends des chaussures d'artisans italiens, un tissu de petites entreprises qui souffre actuellement \u00bb. Et qu'il essaie de soutenir dans son \u00e9tal. \u00ab Tant qu'on me le permet, je continue cette triple vie. Il y a un proverbe chinois qui dit de ne pas ouvrir un magasin si on ne sait pas rire : le march\u00e9 est fait d'empathie et de relations, j'essaie de fid\u00e9liser les clients, je parle avec beaucoup d'enseignants, je parle de la vie des gens. C'est un travail qui offre des privil\u00e8ges : on est en plein air, on d\u00e9cide de mani\u00e8re autonome, on parcourt l'Italie pour acheter des mod\u00e8les, on d\u00e9couvre de nombreuses r\u00e9alit\u00e9s, on a la possibilit\u00e9 de passer du temps avec soi-m\u00eame. Et la philosophie aide. D'ailleurs, j'utilise le march\u00e9 avec mes \u00e9tudiants, les choses que j'ai vendues et celles qui ont \u00e9t\u00e9 dessin\u00e9es : le design n'est pas du marketing, il a pour ambition de d\u00e9velopper des formes de vie, de cr\u00e9er notre soci\u00e9t\u00e9. Beaucoup savent que je suis commer\u00e7ant, j'enseigne aussi \u00e0 des jeunes, j'essaie de ne pas les infantiliser, j'essaie d'expliquer les choses difficiles de mani\u00e8re claire, sans banalit\u00e9. Je voudrais qu'ils acqui\u00e8rent une compr\u00e9hension des choses qu'ils font.<\/p>\n<p class=\"translation-block\">(Source : <a href=\"https:\/\/bologna.repubblica.it\/cronaca\/2025\/01\/14\/news\/ivano_gorzanelli_universita_bologna_scarpolino_ambulante_kracauer-423938209\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Repubblica.it<\/a>)<\/p>\n<\/div>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BOLOGNA \u2013 Ecco, gli stivali: anfibi, camperos, a calzino, con le frange, Ugg, Chelsea, a punta, country, di gomma. Ma anche i sandali: infradito, con la zeppa, con il cinturino, a ciabatta, capresi, zatteroni, gioiello. E poi i mocassini, le calzature da sera, le sneakers. Ivano Gorzanelli fa il venditore ambulante di scarpe, mestiere in [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":196,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[56,55],"tags":[57,58],"class_list":["post-1","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-filosofia","category-novita","tag-ivano-gorzanelli","tag-siegfried-kracauer"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.parallels.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.parallels.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.parallels.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.parallels.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.parallels.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.parallels.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.parallels.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/196"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.parallels.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.parallels.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.parallels.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}