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— éditrice


« Je n'ai pas besoin de toi », m'a-t-il dit, avant de préciser quelques secondes plus tard « je n'ai plus besoin de toi ». J'aurais presque préféré un simple « je ne t'aime plus », pour le peu de poésie qu'il y a à sauver dans un adieu. Mais rien, il m'a laissée là, je m'en souviens encore, à Vico Pazzigno, dans le quartier de San Giovanni, au sud de Naples, sans voix, sur l'esplanade où je me trouvais quand j'étais adolescente avec mes amis, devant cette porte qui semblait cacher une villa d'autrefois, là, sans plus de sang, en plein mois d'août, comme la dernière tache d'humidité sur le mur de ces immeubles carrés derrière moi, prête à disparaître pour toujours. Moi qui, quelques années auparavant, étais un océan.

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